Edito

Comment parler aux enfants et aux adolescents de ces jeux dangereux au cours desquels des jeunes se mettent en danger ? Et aux parents ? Faut-il le faire au risque de les inciter et d’obtenir l’effet inverse à celui recherché ? Comment l’école, et l’ensemble des milieux de vie des enfants et des adolescents, peuvent-ils faire face ? Autant de questions auxquelles, vu l’importance du phénomène des jeux à risques en milieu scolaire et ailleurs, il me semble essentiel d’apporter enfin des réponses. Sensibiliser, informer ou encore faire face à la crise, oui mais comment ? Depuis plusieurs mois des groupes de travail interdisciplinaires réfléchissent à ces questions afin de mettre en place un dispositif global de sensibilisation, de prévention et d’intervention. Ces réflexions seront présentées aux professionnels de l’éducation et débattues par des experts belges et étrangers les 24 et 25 novembre 2011 au Palais des Congrès à Liège. Je vous invite cordialement à participer à ce colloque « Les jeux dangereux, ce n’est pas du jeu !». Nourries par les échanges lors de cette rencontre, les réflexions déboucheront ensuite sur des propositions concrètes d’action. Si ce colloque constitue un moment clé dans la mise en place d’un dispositif de sensibilisation, de prévention et d’intervention, il n’en est toutefois pas l’aboutissement. Avec l’aide des acteurs de terrain et des professionnels de l’éducation, votre aide, je ferai de la mise en œuvre des propositions et dispositifs qui émergeront de ces rencontres, une priorité !

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Quels Jeux

On distingue deux types de pratiques différentes :

  • Les jeux dits de "violence pure" ("petit pont massacreur", "jeu de la cannette", "happy slapping", "matage",...) dont le but est de désigner au sein d'un petit groupe d'enfants une "victime volontaire" qui va se faire "passer à tabac" par ses camarades après avoir "perdu" (par exemple en ne récupérant pas à temps une balle qui passe entre ses jambes)...
  • Les jeux d'évanouissement, qui consistent pour l'enfant, en groupe ou seul, à pratiquer un étranglement à l'aide d'un lien quelconque, foulard, écharpe, ceinture, parfois à mains nues ou à se mettre en état d'hyperventilation par des fléchissements répétés et rapides.
    L'étranglement consiste à bloquer l'arrivée de sang au cerveau au niveau des carotides, le privant ainsi de l'oxygène dont il a besoin.
    Cette anoxie cérébrale provoque un étoudissement pouvant aller jusqu'à la perte de conscience (syncope), voire un arrêt cardiaque entraînant la mort. L'enfant peut déclarer ensuite avoir eu des "sensations" tels que des flashs, hallucinations visuelles ou auditives, suivie au "réveil" d'un état de bien être, de relaxation... C'est cette sensation qui peut entraîner la récidive, voire l'accoutumance, dans une dépendance comparable à celui provoqué par les stupéfiants. Le danger extrême survient lorsque l'enfant passe à l'expérimentation seul, chez lui, mais également lorsqu'il le pratique en groupe.
    Ces "jeux" portent différents noms : Rêve indien, rêve bleu, jeu du foulard, jeu de la tomate, jeu de la grenouille...

Quels Risques

Les enfants qui pratiquent ces "jeux" sont tout à fait ignorants des risques réels encourus.
Ils se croient en "contrôle" de leur pratique, dominant parfaitement les sensations qu'ils se provoquent...

Ils ignorent en fait que ces pratiques "tuent" leurs cellules cérébrales (les neurones qui ne se régénèrent pas), provoquant ainsi un vieillissement prématuré de leur cerveau, avec des risques physiques et psycho-moteurs majeurs :
- Paralysie partielle, ou totale, cécité, surdité, régression mentale...
- Oedème cérébral, hémorragie...

De plus, le risque majeur encouru n'est pas un étranglement ou une suffocation, mais un arrêt cardiaque brutal, consécutif à l'état d'anoxie cérébrale.
Le système nerveux para-sympathique, qui commande dans notre organisme l'activité de "ralentissement" de certains organes tels que le coeur, affolé par le cerveau en état de sous-oxygénation, peut en effet provoquer l'arrêt cardiaque, très souvent fatal (décès) ou aux conséquences dramatiques (dégâts cérébraux irréversibles, handicap mental et moteur).

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